Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 10:38
Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.

La cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 s'est déroulée face au Monument aux Morts de Ploemeur en présence des autorités civiles et militaires.

Dépôt de gerbes par les élèves de "Notre Dame du Sacré-coeur" en compagnie de Loic Le Meur Maire de Ploemeur, du représentant de la BAN Lann-Bihoué et des présidents d'associations patriotiques.

Dépôt de gerbes par les élèves de "Notre Dame du Sacré-coeur" en compagnie de Loic Le Meur Maire de Ploemeur, du représentant de la BAN Lann-Bihoué et des présidents d'associations patriotiques.

Monsieur Jean-Yves Le Lan, président du "Comité d'Histoire de Ploemeur" et membre du bureau du "Souvenir Français" a rendu hommage aux civils mais aussi aux nombreux aviateurs tombés lors des bombardements de notre région.

Monsieur Jean-Yves Le Lan, président du "Comité d'Histoire de Ploemeur" et membre du bureau du "Souvenir Français" a rendu hommage aux civils mais aussi aux nombreux aviateurs tombés lors des bombardements de notre région.

2013, 70 ans après les bombardements de 1943

La guerre débute en 1939 et l’Allemagne entreprend la campagne de France. Les Allemands arrivent dans la région en juin 1940. Après des combats, aux Cinq chemins de Guidel, le 21 juin 1940, ils prennent Lorient. Le même jour, ils arrivent à Plœmeur qui s’est déclarée « ville ouverte » ; des draps blancs ont été étendus sur le macadam de la place du bourg. A partir de cette date, de nombreuses troupes allemandes arrivent sur la commune.
Dès septembre 40, les Anglais mènent une longue série d’attaques aériennes de nuit. En octobre la mairie est ravagée par un incendie dû à la retombée d’obus de D.C.A.. Les mois suivants, Lomener est bombardée ainsi que le bourg. En mars 1941, une nouvelle série d’attaques tue 3 personnes dans le quartier Sainte-Anne et endommage la chapelle "1".
Pendant cette période, les Allemands ont alors entamé de grands travaux sur Lorient et Plœmeur. En février 41, la base de sous-marins de Keroman est mise en chantier et en mars 41, les travaux de la base de « Kerlin-Bastard », Lann-Bihoué maintenant, commencent "2". Pour mener à bien ces gigantesques chantiers, il faut beaucoup de personnel et des infrastructures pour les loger et les nourrir. De nombreux cantonnements sont alors installés sur le territoire de la commune.
En 1942, les sous-marins allemands causent d’importants dégâts aux convois de navires marchands chargés de ravitailler l’Angleterre et la Russie.
Compte tenu de l’importance de la menace représentée par les U-Boote, les Alliés décident à la conférence de Casablanca de faire une priorité des attaques contre les usines et les bases de sous-marins.
C’est dans ce cadre que Lorient subit en janvier et février 1943 des attaques massives dans le but de détruire la zone entière où étaient localisés les sous-marins, leurs services d’entretien et les services d’énergie. Entre le 14 janvier et le 16 février 1943, 500 bombes de haute puissance et 60 000 bombes incendiaires sont larguées sur Lorient. La ville est presque entièrement détruite mais la marine allemande et ses installations ne souffrirent guère de ces bombardements, ce qui entraînera plus tard un changement de stratégie de la part des Alliés.
Pendant ces attaques de janvier-février 43, Plœmeur subit une série de bombardements destructeurs. Les premiers détruisent les maisons situées place Falquerho et d’autres incendient l’église et le centre du bourg. Il y a plusieurs morts parmi la population civile. Le 29 janvier Roger Poulcallec de Kerfichant perd la vie ; le 7 février c’est Marie-Louise Lamour de la rue de Lanveur et Guillaume Le Meur de la rue du Fort Bloqué qui décèdent ; le 16 février, trois plœmeurois sont tués : Marie Josèphe Stéphan de Quéhello-Le Floch, Pierre Morvan et Henri Jaffré-Bellevue de Lomener. Leurs noms sont sur le monument aux morts sur la face des victimes civiles.
Quand on rend hommage aux morts des bombardements, on oublie souvent nos amis Alliés qui les exécutaient. Pour rappeler le sacrifice de ces aviateurs qui ont perdu la vie en venant attaquer Lorient et sa région, je vais vous raconter rapidement une mission de bombardement qui eut lieu en février 1943.
Dans la soirée du 4 février, 57 avions de type Wellington de différents escadrons du groupe 6 de la Royal Canadian Air Force décollent d’Angleterre pour venir bombarder Lorient. Les avions sont sur l’objectif entre 4 000 et 5 500 mètres d’altitude. Ils lâchent sur Lorient 38 tonnes de bombes explosives et 42 tonnes de bombes incendiaires.
Le Wellington BJ 668 de l’escadron 427, qui fait partie de la mission, a lui décollé à 18 h 26 de la base de Croft dans le Yorkshire. Il a à son bord cinq membres d’équipage :
le pilote, le sous-lieutenant Parsons,
le navigateur-observateur, le sergent Sandover,
le déclencheur du bombardement, le sous-lieutenant Thomson,
l’opérateur radio, le sergent Templeton,
et le servant des mitrailleuses arrière, le sergent Davies.
Arrivé à la verticale de Lorient, l’appareil à son dispositif pyrotechnique dénommé « photoflash », permettant d’éclairer la zone bombardée, qui explose. L’explosion a été accidentelle ou déclenchée par l’impact d’un obus de la défense anti-aérienne allemande, nous ne le saurons jamais. Suite à cette explosion, l’avion est en feu. Le pilote donne l’ordre au sous-lieutenant Thomson de sauter en parachute et il s’exécute. L’appareil perd de l’altitude et le pilote n’arrive plus à le contrôler. Il s’écrase à Breuzent en Plœmeur et les quatre membres d’équipage restant sont tués lors du crash. Ils seront tous enterrés à Guidel. Quand à Thomson, il perd connaissance lors de la descente et revient à lui accroché à un arbre par son parachute. Il se décroche ; il est recueilli par des Français et essaye de retourner en Angleterre par l’Espagne mais il est fait prisonnier près de Bayonne "3".
Revenons au déroulement de la guerre, en juin 43, la garnison allemande sur Plœmeur est évaluée à 1 500 hommes par le service de renseignements de la Résistance. Les Allemands réquisitionnent de plus en plus de personnel et occasionnent des perturbations aux travaux agricoles.
Au printemps 44, les bombardements aériens ont diminué d’intensité sur Lorient et sa région mais les Allemands sentent la menace d’un débarquement.
Après le débarquement de juin, en Normandie, les troupes américaines arrivent en août dans la région lorientaise.
Les Allemands se renferment dans « La poche de Lorient ». Le siège va durer neuf mois, du 4 août 1944 au 10 mai 1945. 26 000 hommes se retranchent dans la zone comprise entre la Laïta et la rivière d’Etel avec une ligne qui laisse libre Pont-Scorff, Hennebont, Belz et Carnac. Les Américains et leur artillerie pilonnent sans répit le retranchement.
La Résistance se structure peu à peu, dans et autour de la poche. La collecte de renseignements se fait individuellement ou sous l’autorité de l’officier de renseignements du 7ème bataillon de F.F.I., Louis Hello. Le harcèlement de l’ennemi est permanent par des activités de sabotage.
La vie quotidienne devient de plus en plus difficile à Plœmeur. Les tirs d’obus font de nombreuses victimes parmi la population. Entre le 9 août 1944 et le 30 avril 1945, 21 personnes sont tuées.
C'est au café Breton à Etel, le 7 mai, vers 20 h, que les officiers allemands signent la reddition avec les officiers américains et français.
Le bourg de Plœmeur est en ruine mais Plœmeur est libre. A 16 h, le 10 mai, dans une prairie à Caudan, le général allemand Fahrmbacher remet son arme personnelle au général Cramer, commandant les forces américaines dans la région.
Après ce grand jour, la vie doit reprendre à Plœmeur. La population ne peut pas revenir tout de suite car il faut dégager les ruines et il n’y a plus assez de logements. Des baraques sont construites et progressivement le retour de la population se fait sur la commune.
En conclusion, je dirais que l’on doit retenir 70 ans après ces bombardements de 1943 qu’ils ont fait d’important dégâts matériels sur la ville de Lorient et les communes alentours dont Plœmeur et qu’ils ont occasionnés des pertes humaines dans la population civile mais aussi parmi les aviateurs alliés. Ainsi le devoir de Mémoire, nous impose de les réunir pour ne jamais les oublier.
Jean-Yves Le Lan

"1" Huchet, Patrick, Lukas, Yann, Moy, Maryvonne, Histoire du Pays de Plœmeur, Palantines, 2000, p. 96. "2" Gazette de Lann-Bihoué – hors- série – Du ballon captif au Falcon 50, 2003, p. 11. "3" Le Lan, Jean-Yves et Robic, Jean, « Une évasion ratée ! », in Les Cahiers du Pays de Plœmeur, N° 22, 2012,

Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.
Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.
Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.Cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Ploemeur.

Partager cet article

Repost 0
Published by Le Souvenir Français Ploemeur - dans cérémonie 2013
commenter cet article

commentaires

microsofttechsupportnow.com 16/07/2014 15:00

I am proud to see the representative of the NAS Lann-Bihoué and presidents of patriotic associations. I have seen their march last month and it was awesome. This is the perfect blog for anyone who wants to know about this topic. The article is nice and it is pleasant to read.

Nous Écrire Ou Commenter

  • : Le Souvenir Français Ploemeur
  • Le Souvenir Français Ploemeur
  • : L'actualité du Souvenir Français Comité de Ploemeur.
  • Contact

ADHESION

Pour nous rejoindre, téléchargez le bulletin d'adhésion en cliquant ici

 

remplir le bulletin et le  retouner avec votre règlement à l'adresse suivante : 

M.Joël SEVENO   28, rue Alphonse Daudet  56270 PLOEMEUR

Vos visites

Compteur Global