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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 10:40

Ploemeur le 27 mai.

Place Anne Marie Robic, notre comité a rendu hommage aux Résistants de la commune avec une intention particulière pour Anne Marie Robic.

HOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEUR
HOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEURHOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEURHOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEUR
HOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEUR

Le discours émouvant prononcé par notre Président a été élaboré à partir de renseignements pris auprès de Madame Grenier Renée, sœur d’Anne Marie et d’un document rédigé par madame Maryvonne MOY ancienne présidente du Comité d’Histoire de Ploemeur.

Biographie d’Anne-Marie ROBIC .


C’est allée de Lomener Plouz, 2 jours avant le pardon de Sainte-Anne, au bourg de Ploemeur, que nait Anne-Marie, le 24 juillet 1923 : 3 filles et 1 garçon naîtront ensuite au foyer de Jean-Vincent et Philia Robic. Le papa, militaire de carrière, avait été blessé à la guerre en 1916 et amputé de la jambe droite. En 1930, Anne-Marie, que tous appellent affectueusement « Nénette », a 7 ans quand la famille décide de se rapprocher du bourg de Lorient où le papa avait obtenu un emploi réservé à l’arsenal. Leur choix se porte sur Saint-Mathurin. A l’époque, Saint-Mathurin est un rendez-vous champêtre très prisé des Lorientais : les jeux de boules, l’étang, la chapelle, le « TIC-TAC » où l’on déguste casse-croûtes arrosés de cidre attirent dès les beaux jours les citadins qui arrivent à pied de Kerdiret et du bourg.
L’année 1934 voit pour les enfants Robic s’effondrer l’insouciance de vivre aimés dans une famille unie : leur grand-mère décède en début d’année et leur mère quelques mois plus tard et en 1936, c’est le père qui s’en va. Pour Anne-Marie , finie l’école de la rue du Fort Bloqué où elle a obtenu son certificat d’étude et fini également le rêve de l’école normale, elle doit travailler pour élever ses frère et sœurs. Une tutrice est nommée pour gérer la pension d’orphelins de Guerre et voir les enfants de temps en temps. Malgré la précarité de leurs vies, les enfants se sentent tout de même moralement protégés par leur voisinage.


Le 1er septembre 1939 la guerre éclate. Anne-Marie travaille à Lorient. Dès le 21 juillet 1940, les allemands sont à Ploemeur. A Saint-Mathurin l’inquiétude grandit et la vie devient plus difficile encore. Louis Croizer, un jeune homme du village a été arrêté par les allemands le 5 septembre 1940 et mourra en 1947 à son retour de déportation. Les allemands sont partout et occupent même le terrain devant la maison. Ils règnent en maîtres et les enfants Robic ne les aiment pas. Début 40, Anne-Marie en a giflé un dans le tramway au risque d’être emmenée à la prison de Kerfeunteun à Quimper. Les premières bombes de la RAF tombent le mardi 20 octobre 1940 près de l’étang du TER. Dès 1941, Saint – Mathurin est un endroit stratégique pour les occupants ; la voie ferrée qui relie la base sous-marine à Lann-Bihoué passera devant la chapelle. Le 18 mars 1941, on compte 3 morts sous les bombes, rue Sainte Anne.
A l’automne 1941, on fête les fiançailles d’Anne-Marie chez « Marie Jeanne » au Pérello.
En 1942, les écoliers et une partie de la population commencent à quitter Ploemeur. Début 1943, les bombardements redoublent. Anne-Marie cherche par tous les moyens à protéger sa famille. Saint Mathurin est abandonné par ses habitants : la maison est sinistrée à 50%, plus d’électricité, ni de chauffage. Elle part à vélo pour Inguiniel et trouve un logement de fortune : de retour à Ploemeur elle organise le départ. La direction des kaolins met des camions à la disposition des évacués, mais il faut payer l’essence ou en fournir. Anne-Marie et Renée essaient de siphonner les bidons que les allemands ont mis dans le jardin, mais c’est monsieur Berthelot, un chauffeur français réquisitionné par les allemands pour l’organisation TODT qui leur fournira l’essence au péril de sa vie. Le déménagement est prêt, le camion conduit par un ouvrier des kaolins arrive à Inguiniel, mais le logement est pris et le maire leur trouve une grange en attendant un autre logement. La vie est dure dans cette grange, mais les ainées savent que les bombardements font des morts à Lorient et à Ploemeur, que les résistants sont torturés et meurent dans les prisons de Pontivy, de Locminé, de Port Louis, de Quimper : et surtout que les envahisseurs sont toujours la fanfaronnant dans les rues de Bubry, comme dans tous les villages de France, et que tout près de leur refuge, à Melrand, se trouve l’Etat-major allemand pour la région.
Anne-Marie écoute, se renseigne et apprend que le premier maquis FTPF ( Francs-Tireurs et Partisans Français ) du Morbihan a été créé à Bubry en 1942. Les maquis ont regroupé et organisé les résistants isolés et les réfractaires au STO . Les groupes constitués choisissent eux-mêmes leur chef : c’est ainsi qu’en 1943 Célestin Chalmé pris le commandement du groupe FTP d’Inguiniel. Les précautions à l’enrôlement sont strictes. Anne-Marie est décidée à agir et participe à des actions ponctuelles dès 1943. Malgré leurs craintes , elle a convaincu ses frère et sœurs : Renée accepte de s’occuper des enfants. Elle rencontre alors Célestin Chalmé ( Charles ) qui apprécie sa force de caractère et sa détermination; c’est au village de Roscodo en Inguiniel que le 14 janvier 1944, Anne-Marie signe son acte d’engagement d’honneur dans les FTPF et demande pour pseudonyme son petit nom d’enfance : Nénette.
En 1943, beaucoup de maquisards sont arrêtés, emprisonnés et beaucoup d’entre eux connaîtront les horreurs des salles de torture avant d’être fusillés à Port-Louis ou à Penthièvre en 1944. Les conversations téléphoniques sont plus qu’hasardeuses pour transmettre les messages. Ce sont les agents de liaison, presque exclusivement des femmes qui effectuent les relais entre l’état major et les groupes sur le terrain. Elles sont jeunes, actives, débrouillardes et si l’angoisse leur serre le cœur elles n’en laissent rien paraître en parcourant des kilomètres en vélo. Nénette sera plusieurs fois arrêtée par les allemands ; son sourire, sa gentillesse et son aplomb lui font échapper au pire. Ainsi au début de 1944 , à proximité de Pontcallec, accompagnant le commandant Le Hyaric qui doit rejoindre l’état-Major, chargée de nombreux rapports, elle est arrêtée par un barrage allemand ; calme et déterminée, elle ne perd pas son sang froid et affirme avec beaucoup d’assurance que ce compagnon est son fiancé et qu’ils se promènent. Les allemands l’ont cru enceinte avec tous les documents et les cartes qu’elle portait sous ses vêtements. Le stratagème a réussi : les allemands les laissent passer. Deux semaines plus tard, les chefs Le Coutaller et le Hyaric sont encerclés par un bataillon allemand : Anne-Marie arrivera une fois de plus à détourner leur attention. Mais Nénette est de plus en plus suspecte à l’Etat-Major ennemi. En avril 1944, elle n’échappe pas à la patrouille allemande qui suit ses déplacements et l’arrête à Guémené. Torturée par ses gardes, elle ne livre aucun renseignement sur la résistance. Avec courage elle arrive à s’échapper mais doit se terrer et se remettre des sévices subis. Quelques jours plus tard elle est citée à l’ordre de la division et reçoit la croix de guerre des mains du général Allard.
Au début de l’été 44 les affrontements redoublent de violence et le danger est partout présent, le débarquement du 6 juin 44 a renforcé la détermination allemande d’en finir avec la résistance. C’est le 6 juin 1944 que Anne-Marie Robic est promue au grade d’aspirant .
Le 25 juillet 1944 pour mettre au point un dispositif cohérent, échanger des rapports , des cartes d’Etat-Major, un rendez-vous est donné aux officiers ( Le Douairon – Bolay – Le Borgne - Marca - Emile Le Carrer) et aux 4 agents de liaisons aguerries ( Joséphine Kervinio – Anne Mathel – Marie Gourlay – et Anne-Marie Robic ) dans la petite ferme isolée de René Le Strat au Manéguy Coscodo en Bubry : pas de routes bitumées pour y accéder mais des chemins de terre : les bâtiments sont protégés par des bois au Nord, des près marécageux au Sud . La situation est grave et tous le savent. Après avoir mis au point les opérations à effectuer et caché les cartes d’état-major, on souhaite la fête et les 21 ans d’Anne-Marie autour d’une bouteille de cidre. La nuit est calme et belle en cette fin de juillet, l’espoir est dans tous les cœurs et chasse les cauchemars. Très tôt le matin, les officiers se mettent sur écoute radio, rapidement interrompue à la vue de fusées très proches s’élevant dans le ciel. « Les boches arrivent » lance Frédéric Bolay. Ils sont là tout près , ils sont plus de 400 à encercler le secteur. La consigne est claire : en cas d’attaque allemande dispersez-vous. Mais entre le bois touffu et les marécages, le passage est étroit et mal connu. Emile Le Carrer et Georges Marca se terrent dans un fossé durant des heures ; les autres suivent Désiré Le Douairon. Les allemands arrivent au Manéguy. La fermière est au travail dans l’étable, fourche en main : elle a réussi à dissimuler dans la paille tout ce qui reste des papiers. Le fermier est aussi à l’ouvrage ; ils ne seront pas inquiétés. Le bataillon de400 hommes se rue à la poursuite des résistants. Et c’est la fuite éperdue à travers bois, landes, fougère l’angoisse au cœur car ils entendent les appels des allemands ente eux, les bruits des camions, les Klaxons et les sirènes. Après 2 kms de poursuite , ils s’écroulent dans ce fond de prairie marécageuse à l’ouest du village de Keryacunff.
C’est là sur place , que Nénette, Dédée, Jeanne , Martine , Serge et Alphonse vont payer de leur vie leur engagement. Injuriés , torturés, certains même mutilés, ils sont finalement, n’ayant plus la force de se tenir debout fusillés à terre. Les vêtements sont brulés par les allemands qui repartent à Melrand fêter leur victoire. Le lendemain un agent de liaison Alice Garniel et Renée la sœur d’Anne-Marie, prévenues que 6 résistants dont des femmes ont été tués, découvrent l’horreur dans ce coin paisible de Keryacunff. Au Manéguy, elles retrouvent les vélos, quelques vêtements les cartes et les papiers sauvés.
Les corps des suppliciés sont placés 2 jours plus tard dans des cercueils de fortune qui resteront 3 mois dans le fossé humide de la prairie inondée de soleil en cet été 44.
Georges Marca et Emile Le Carrer sont arrêtés à Guern quelques jours plus tard : torturés à la prison de Pontivy ils échappent à la mort. Onze jours après le drame , les alliés rentrent dans Pontivy. En novembre 1944, la dépouille de Nénette est enterrée au cimetière d’Inguiniel par les soins de la Croix Rouge et des militaires.
Depuis 1951 , le corps de Nénette repose au cimetière de Ploemeur où un hommage solennel lui a été rendu par l’armée après une veillée du souvenir à la chapelle Sainte-Anne organisée par Mrs Marsollier et Pouliquen employés de mairie à l’état civil.


A l’hommage que nous rendons aujourd’hui à Anne-Marie Robic Résistante, nous associons Joseph Le Trécole qui combattait à Saint Marcel et Jean Mabic dont nous avons inauguré la place derrière moi à son nom l’année dernière, sans oublier les autres enfants de Ploemeur fusillés et enterrés dans les communes avoisinantes comme Caudan, Priziac, Querr
ien et tous les Résistants anonymes qui ont combattu l’ennemi au péril de leur vie sans oublier celles et ceux qui sont présents parmi nous.

Une gerbe de fleurs a été déposée par monsieur Le Maire et le capitaine de Frégate Favier représentant le commandant de Lann-Bihoué, ainsi que par monsieur Joël Séveno président du comité, monsieur Maurice Robic fils d’Anne Marie et madame Renée Grenier.

HOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEURHOMMAGE AUX RÉSISTANTS DE PLOEMEUR
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Published by Le Souvenir Français Ploemeur - dans Cérémonie 2014
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